Le RGAA 4.1 contient 106 critères. Pour une PME e-commerce, viser une conformité totale en trois mois est irréaliste — et inutilement anxiogène. La bonne nouvelle : 80 % du risque légal et 90 % du risque utilisateur proviennent d'une douzaine de critères seulement. Les traiter d'abord, c'est désamorcer l'essentiel du danger avant de polir le reste. Voici notre priorisation, par ordre d'attaque.
Le principe de priorisation
On classe un critère selon deux axes : son impact utilisateur (est-ce qu'il bloque un achat ?) et son exposition juridique (est-ce qu'il revient dans les plaintes ?). Un critère qui empêche de finaliser une commande au clavier cumule les deux — il passe avant un critère de confort. C'est cette logique de préjudice direct qui guide l'ordre ci-dessous.
Niveau bloquant — à corriger en premier
- 011.1 — Alternative textuelle des images (produit, bannière, icône)
- 028.5 — Langue de la page (`<html lang>`)
- 0311.1 — Label de chaque champ de formulaire (recherche, compte, checkout)
- 0412.6 — Zone de contenu principal identifiable (`<main>`)
- 0513.1 — Contrôle des limites de temps (sessions, comptes à rebours de stock)
Ces cinq-là touchent le cœur du parcours : trouver un produit, remplir un formulaire, payer. Un échec ici se traduit directement par une commande impossible pour une partie des utilisateurs.
Niveau majeur — sprint 2
- 013.1 / 3.2 — Contraste des couleurs (corps de texte + interface)
- 027.1 — Widgets JavaScript atteignables et pilotables au clavier
- 0310.7 — Indicateur de focus visible sur tous les éléments interactifs
- 0411.10 — Messages d'erreur de formulaire compréhensibles et reliés au champ
- 0512.8 — Ordre de tabulation cohérent dans le tunnel d'achat
On passe ici du "impossible" au "très difficile" : l'achat reste théoriquement faisable, mais au prix d'efforts qui font abandonner. C'est le terrain du taux de conversion autant que de la conformité.
Niveau mineur — sprint 3 et au-delà
- →8.6 — Citations dans une autre langue (`lang` local)
- →9.1 — Structure hiérarchique des titres (h1 vers h6)
- →6.1 — Intitulés de liens explicites ("Voir la fiche" plutôt que "En savoir plus")
- →10.11 — Contenu lisible sans perte au zoom 200 %
// La séquence qui marche
Sprint 1, les 5 bloquants : vous sortez de la zone rouge en quelques jours. Sprint 2, les 5 majeurs : vous passez la barre des 80 %. Sprint 3 et au-delà, le long tail : vous visez 95 %+. Inutile de tout faire d'un coup — un audit daté plus ce séquencement suffisent à démontrer une démarche active.
"On ne corrige pas 106 critères d'un bloc. On corrige les 12 qui comptent, puis on suit le reste dans le temps."
— Méthodo ComplAudit
Questions fréquentes
Pourquoi ne pas viser 100 % tout de suite ?
Parce que le coût marginal explose sur les derniers critères, alors que le risque, lui, s'effondre dès les premiers. Atteindre 85 % vite vaut mieux que viser 100 % et ne jamais livrer. La conformité partielle, documentée, est juridiquement protectrice.
Ces priorités valent-elles pour tous les CMS ?
Oui. Les critères sont les mêmes sous PrestaShop, WooCommerce, Shopify ou un site sur mesure. Seul l'emplacement du correctif change : thème, module, ou composant.
Comment savoir où j’en suis sur ces 12 critères ?
Un audit automatisé couvre déjà la majorité d'entre eux (images, labels, contraste, structure). Les quelques critères comportementaux (focus, navigation clavier) se vérifient en complément au clavier et au lecteur d'écran.
Notre audit chiffre votre exposition sur les 106 critères et trie par sévérité légale.
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